Article fort intéressant, que j'ai trouvé sur le site boulimie.com. Je vous conseille d'y faire un tour. Pour ma part, il explique assez bien ce que je ressens.
Je vous conseille également le site boulimie.fr, qui présente une analyse assez intéressante de la boulimie.
Intro
La boulimie entre dans le cadre des addictions, elle est parfois qualifiée de toxicomanie sans drogue.
Les conduites boulimiques consistent en des épisodes de compulsion alimentaire (crises), au cours desquels la personne mange une très grande quantité de nourriture de manière incontrôlée. Ensuite, elle utilise des moyens pour éliminer l'excès de calories ingérées, en se faisant vomir, en utilisant des laxatifs ou des diurétiques, en faisant de l'exercice physique ou en s'imposant des restrictions alimentaires de type anorexique. Certaines personnes peuvent combiner ces différents moyens.
C'est pourquoi l'entourage de la personne concernée peut tarder à prendre conscience du phénomène. La personne souffrant de boulimie a souvent conscience du caractère pathologique de son comportement alimentaire mais a beaucoup de difficulté à en parler.
Les préoccupations concernant le corps, la minceur, sont omniprésentes et obsédantes. La peur phobique de grossir est liée à une image du corps altérée.
La boulimie débute souvent à l'adolescence, à la puberté.
C'est un trouble qui touche essentiellement les femmes, mais les hommes peuvent également être concernés.
La Boulimie se vit dans la honte, la culpabilité et le secret.
Pourquoi la boulimie
La boulimie est à distinguer de l'anorexie, qui se caractérise par une grande restriction alimentaire, un refus de la nourriture. Ces deux troubles restent liés, autour de la préoccupation obsédante du corps, de la minceur et la peur phobique de grossir.
La question de l'origine de la boulimie (et des autres troubles alimentaires) reste ouverte. Les connaissances concernant les troubles des comportements alimentaires progressent. Les praticiens et les chercheurs s'accordent à reconnaître l'origine plurifactorielle de ces troubles psychologique, sociale (voir les représentations sociales de la femme), familiale, biologique...
De même, en ce qui concerne les traitements thérapeutiques, on ne peut parler aujourd'hui d'un traitement efficace dans tous les cas de boulimie. Mais on sait qu'il est essentiel d'adapter à chaque individu, selon son histoire, sa personnalité, un traitement qui lui corresponde. Ainsi, des traitements thérapeutiques peuvent être entamés, de manière individuelle, ou en groupes, suivant différentes approches : la psychanalyse, les thérapies familiales et systémiques, les thérapies cognitivo-comportementales. II s'agit pour la personne concernée d'identifier et de comprendre les causes de ses comportements et raisonnements, puis d'apprendre à les gérer.
La connaissance de soi s'étend à l'ensemble de la personnalité, sans se restreindre aux seules conduites alimentaires.
Un suivi médical peut également être recommandé. En effet, les conduites boulimiques entraînent à long terme des troubles physiques. Les vomissements provoquent la remontée dans l'œsophage et la cavité buccale des sucs gastriques. On note des inflammations des gencives, un endommagement des dents, un gonflement des glandes salivaires. Dans certains cas plus graves, peuvent se produire: une rupture de l'estomac, une perforation de l'œsophage et des défaillances cardiaques. On observe également des signes de dénutrition.
Les conduites boulimiques
La minceur est culturellement associée à la beauté, la réussite et le contrôle de soi. Mincir apporte l'illusion d'une maîtrise de soi, d'une toute puissance. La personne boulimique perçoit la minceur comme la solution à tous ses problèmes d'adaptation. Le désir de minceur est obsédant. Maigrir devient une conduite d'évitement, qui soustrait le sujet à une situation d'échec.
Dans une société qui valorise l'apparence, la peur d'être grosse et la perception négative de son propre corps expriment une importante auto-dévalorisation, des sentiments d'inadéquation et d'incompétence. Des pensées dysfonctionnelles (ou faux jugements) soutendent les conduites boulimiques: la minceur, l'apparence physique deviennent les seuls critères de la valeur personnelle. Mais ces distorsions cognitives ne se cantonnent pas à la nourriture et au corps, elles s'étendent à l'ensemble de la conception de soi et des relations sociales. Le mode de pensée est rigide et tyrannique. Le sujet s'impose des règles inflexibles, de nombreuses obligations. Se mettent en place des stratégies, un fonctionnement sur le mode du " tout ou rien ", sans nuance, sans compromis ou indulgence.
On observe des comportements ou propos alimentaires : les aliments sont étudiés, classés (bon ou mauvais), le sujet élabore des règles de conduite alimentaire... La moindre entorse à ces règles entraîne le sujet à conclure à l'échec total. Le sujet se fixe des buts inatteignables, extrêmes. L'impossibilité à y satisfaire entraîne des sentiments d'impuissance et d'incapacité. La réussite totale n'a qu'une alternative : l'échec dont l'intensité est à la mesure des objectifs fixés.
La personne boulimique sabote elle-même ses efforts. Elle obtient alors la confirmation de son peu de valeur. Ce qui à long terme entraîne des attitudes de repli, et l'aggravation des troubles de l'estime de soi. La déception du corps est permanente. La personne boulimique est toujours insatisfaite de son corps, de son apparence, quelle que soit par ailleurs réalité de ce corps, perçue par autrui. Le sentiment d'auto dévalorisation est très présent.
Les crises boulimiques peuvent causer un sentiment angoissant de perte de contrôle. Les vomissements, qui permettent de maigrir tout en mangeant, sont renforcés (entretenus) par la suppression qu'ils entraînent de la peur de grossir, et par l'illusion d'une maîtrise de soi retrouvée. Cependant, la perte de contrôle des conduites boulimiques (l'incapacité à stopper l'ingestion et les vomissements) provoque un sentiment d'impuissance.
Le sujet est convaincu/vaincu par la conviction de ne pouvoir échapper aux symptômes auxquels il s'abandonne sans lutter.
La compulsion
Les crises boulimiques sont qualifiées de compulsives, c'est à dire qu'elles échappent au contrôle conscient de l'individu. La personne qui vit ces crises boulimique se sent soumise à un besoin de " remplissage " puis de " purge ", ainsi qu'à la répétition de ces conduites.
Les crises ont pour fonction d'échapper à la crainte angoissante de ce qui pourrait arriver si elles n'étaient pas accomplies: en l'occurrence, grossir. Certaines crises sont programmées, organisées et régulières. D'importantes quantités de nourritures sont alors achetées, puis stockées en prévision de la crise.
D'autres accès sont plus imprévisibles. Les accès boulimiques peuvent être " déclenchés " par une situation source de tension, d'angoisse.
Ces comportements sont vécus dans une grande solitude, avec la peur d'être découvert et la crainte du jugement d'autrui. Un profond sentiment de honte empêche souvent la personne boulimique de parler de ce qu'elle vit, parfois pendant des années. Ce qui peut entraîner un isolement social, le retrait de certaines activités sociales.
Le temps est souvent très long avant la première consultation chez un spécialiste. Ainsi, la personne boulimique mène une double vie: en surface, une vie alimentaire conventionnelle et une sociabilité qui cachent un profond malaise intérieur.
Cette apparence de réussite, d'épanouissement et de maîtrise de soi dissimule un douloureux sentiment de vide, de détresse et de solitude. Certaines personnes connaissent également une tendance à la dépendance à l'alcool ou aux drogues, aux achats et aux vols compulsifs.
Certains troubles comme la dépression et l'anxiété peuvent être associés à la boulimie.
Les crises de boulimie
Le déroulement des crises.
La pré-crise.
La personne se sent envahie par un sentiment diffus de malaise, de tension, d'angoisse. Elle ressent alors un besoin impératif de manger. Les tentatives de lutte contre ce sentiment sont le plus souvent vaines.
L'accès boulimique.
Il s'agit d'une ingestion rapide et désordonnée d'une grande quantité d'aliments (plusieurs milliers de calories). On note une préférence pour des aliments sucrés, une nourriture très riche, évitée voire proscrite en dehors des crises. La personne se trouve dans un état second, manger se fait sans plaisir.
L'après crise
Au bout d'un temps variable, la personne ressent un sentiment de douleur morale intense, une grande culpabilité, un écourement physique. Les vomissements éventuels qui suivent apportent un certain soulagement ; mais ils s'accompagnent d'une profonde honte et de remords. C'est le moment des résolutions, des promesses de ne pas recommencer la prochaine fois. En dehors de ces crises, les comportements alimentaires sont souvent perturbés : succession de régimes, une alimentation irrégulière et déséquilibrée (anorexie, restriction alimentaire).
En parler
La boulimie est aussi une maladie de la parole.
Puisqu'on ne peut "dire" le manque, on se remplit d'aliments pour combler ce vide. Ce vide affectif, cette solitude, ce tête à tête avec son frigo, que le boulimique ne peut s'avouer à lui-même, comment le mettre en mots ?
Pour interrompre justement l'entretien du symptôme boulimique et l'enfermement dans le cycle boulimie-vomissement-repli sur soi, il est nécessaire d'établir un contact, une possibilité de formulation de son malaise.
C'est ce que vont réussir les thérapies de parole (Groupe de paroles, Psychothérapie, Psychanalyse, etc.)
La culpabilité
Culpabilité après chaque nouvelle crise...
Outre l'affreux sentiment de honte devant ces crises que l'on ne peut dominer, la boulimie est un sérieux obstacle à la vie sociale qui augmente encore la culpabilité : résolution qu'on n'arrive pas à tenir, dépenses alimentaires excessives, refus de repas entre amis, éventuels vols de nourriture, etc.
Puis quand le traitement est commencé arrive l'épouvantable sentiment de culpabilité secondaire à une nouvelle rechute.
Il faut dédramatiser, ces rechutes sont parfois inévitables.
La honte
La boulimie reste, pour la personne concernée par ce trouble, pendant longtemps, une "maladie honteuse".
Comment admettre ce désir de remplissage alimentaire incoercible ?
L'après crise est le moment le plus important de détresse et de honte avec une grande culpabilité et un véritable état dépressif.
Les signes physiques et les troubles du comportement peuvent, pendant un certain temps rester assez discret pour l'entourage (ce n'est pas comme l'anorexique qui ne peut cacher sa grande maigreur).
De plus ces symptômes apparaissant chez l'adulte jeune, celui-ci peut déjà vivre de façon indépendante et cacher totalement son problème.